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CTO ou assurance-vie ?
Le compte-titres ordinaire n'a ni avantage fiscal, ni plafond, ni frais — et c'est tout le débat : vaut-il mieux payer la fiscalité pleine une seule fois à la sortie, ou des frais de gestion réduits mais prélevés chaque année ? La hausse de la flat tax en 2026 a rebattu les cartes, un peu. Voici les chiffres.
Les règles du jeu depuis 2026
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur la plupart des revenus du capital de 1,4 point. Conséquences :
- CTO : la flat tax passe de 30 % à 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux) sur les plus-values et les dividendes. D'où l'intérêt des ETF capitalisants, qui réinvestissent les dividendes sans les distribuer : aucune fiscalité tant que vous ne vendez pas (le circuit complet d'un dividende, retenue à la source comprise, est détaillé dans notre méthodologie des rendements).
- Assurance-vie : épargnée par la hausse. Les prélèvements sociaux y restent à 17,2 %. Avant 8 ans, les rachats sont taxés à 30 % (12,8 % + 17,2 %) — désormais moins que le CTO. Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple), puis 24,7 % (7,5 % + 17,2 %) pour les gains issus des 150 000 premiers euros de versements.
Avant 2026, CTO et assurance-vie « jeune » étaient à égalité fiscale (30 % partout). La réforme donne à l'assurance-vie un avantage fiscal à tous les horizons. Fin du débat ? Non — car la fiscalité n'est que la moitié de l'équation.
Le vrai duel : fiscalité payée une fois contre frais payés chaque année
Sur un CTO chez un bon courtier, détenir un ETF capitalisant ne coûte quasiment rien : pas de droits de garde, quelques euros de courtage à l'achat, zéro fiscalité jusqu'à la vente. La capitalisation travaille sur le montant brut pendant des décennies, et l'impôt n'est payé qu'une fois, sur le gain, à la sortie.
Sur une assurance-vie, même excellente, l'assureur prélève des frais de gestion sur les unités de compte — environ 0,5 %/an pour les meilleurs contrats en ligne, 0,8 à 1 %/an ailleurs. Prélevés chaque année sur tout l'encours, ils se composent contre vous, exactement comme n'importe quels frais.
Qui l'emporte ? Cela dépend des frais réels, de l'horizon et de la façon de sortir. Exemple : 100 000 € placés à 6 % brut annuel sur un même ETF capitalisant. Trois stratégies de sortie pour l'assurance-vie sont comparées au CTO taxé à 31,4 %.
| Capital net après… | CTO (≈ 0 frais/an) | AV 0,5 %/an, retraits étalés* | AV 0,5 %/an, sortie en une fois | AV 1 %/an, retraits étalés* |
|---|---|---|---|---|
| 8 ans | ≈ 140 700 € | ≈ 144 300 € | ≈ 140 600 € | ≈ 139 500 € |
| 15 ans | ≈ 195 800 € | ≈ 202 100 € | ≈ 193 200 € | ≈ 189 300 € |
| 25 ans | ≈ 325 800 € | ≈ 332 900 € | ≈ 312 200 € | ≈ 297 600 € |
* « Retraits étalés » : scénario optimiste où la sortie, après 8 ans, est fractionnée sur assez d'années pour que l'abattement annuel absorbe l'impôt sur le revenu — il ne reste alors que les 17,2 % de prélèvements sociaux. La réalité se situe entre cette colonne et la sortie en une fois.
Ce que le tableau dit vraiment
- À 0,5 %/an de frais et avec des retraits patients, l'assurance-vie garde l'avantage — quelques milliers d'euros sur ces horizons. La hausse de la flat tax a déplacé le point de bascule en sa faveur.
- Sortie en une fois, ou frais à 1 %/an : le CTO repasse devant dès une quinzaine d'années — et l'écart se creuse ensuite. Les frais annuels pèsent plus lourd que 14,2 points de fiscalité à la sortie, dès que l'horizon s'allonge.
- Le paramètre décisif n'est pas la flat tax, ce sont les frais de votre contrat. Entre 0,5 % et 1 %/an, le classement s'inverse. Sur un contrat bancaire chargé, il n'y a pas match : le CTO gagne largement.
Ce que les chiffres ne disent pas
| CTO | Assurance-vie | |
|---|---|---|
| Univers d'investissement | Illimité (tous ETF, toutes places) | Limité à la liste d'unités de compte du contrat |
| Mobilité | Les titres se transfèrent d'un courtier à l'autre sans vendre | Un contrat ne se transfère pas d'un assureur à l'autre : si sa qualité se dégrade, il faut racheter (et matérialiser la fiscalité) |
| Déclaration fiscale | Rien tant qu'on ne vend pas ; IFU pré-rempli chez un courtier français, plus de travail chez certains courtiers étrangers | Rien tant qu'on ne rachète pas |
| Succession | Régime général (mais les plus-values latentes sont purgées au décès) | Abattement de 152 500 € par bénéficiaire (versements avant 70 ans) |
| Fonds euros | Non | Oui |
Deux points méritent d'être soulignés : au décès, les plus-values latentes d'un CTO sont effacées pour les héritiers — un avantage successoral réel, trop souvent oublié ; et la non-transférabilité de l'assurance-vie est un risque à long terme : vous épousez la qualité future d'un contrat que l'assureur peut laisser vieillir.
En pratique
- Choisissez le CTO si votre horizon est long, que vous voulez l'univers complet des ETF au coût le plus bas, et que la sortie se fera probablement en une ou quelques fois.
- Choisissez l'assurance-vie (un contrat à 0,5 %/an ou moins, sans frais d'entrée) si la transmission est un objectif, si vous voulez le fonds euros au même endroit, ou si vous savez que vous sortirez par retraits étalés en utilisant l'abattement.
- Les deux se combinent — comme pour PEA et assurance-vie, ce sont des outils différents plus que des concurrents.