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Pourquoi j'ai créé ce site

Ce site est né de deux choses : une bibliothèque en anglais, et une ligne de frais en français.

Le détour par l’anglais

J’ai passé des années sur les forums et les podcasts anglophones de finances personnelles. L’investissement passif y est roi — c’est là qu’il a été inventé, et tout y est écrit depuis vingt ans : achetez le marché entier via un fonds indiciel, payez le moins de frais possible, puis n’y touchez plus. C’est documenté, chiffré, débattu, re-débattu. Une personne curieuse et anglophone peut s’y former sérieusement, gratuitement.

Le problème : tout y est écrit pour des comptes américains. Rien ne se transpose tel quel à nos PEA, assurances-vie et comptes-titres, avec leur fiscalité bien à nous. J’ai donc fait la traduction pour mon propre compte, enveloppe par enveloppe. En chemin, j’ai découvert que ce travail d’adaptation avait été fait avec talent par Édouard Petit dans « Épargnant 3.0 » — un livre auquel ce site doit beaucoup — puis que des communautés francophones sérieuses existaient. Mais la réponse courte, structurée, à jour et librement accessible en français, je ne l’ai jamais trouvée écrite au même endroit.

La colère, ensuite

La deuxième origine est moins studieuse. À l’époque où j’ai ouvert mon PEA dans une banque de réseau, les frais de courtage et les droits de garde étaient — je vais rester poli — créatifs. Il a d’ailleurs fallu une loi et son décret d’application (loi Pacte, plafonnement entré en vigueur en 2020) pour y mettre des bornes. Quand le législateur doit plafonner vos tarifs, c’est rarement le signe que vous les fixiez avec modération.

Surtout, j’ai compris avec le temps ce qu’est un « conseiller » bancaire : pas un conseiller, un vendeur. Un commercial rémunéré sur ce qu’il place, qui vous proposera les produits de la maison — chargés en frais — parce que c’est son métier. Des vendeurs de tapis, en somme, dont le fonds de commerce repose largement sur les personnes âgées et les gens mal informés. C’est contre ce système-là que ce site existe. Je sais que le dire aussi franchement ne fera pas que des amis ; c’est un coût que j’accepte.

Ce que je vois autour de moi

Ce ne sont pas des souvenirs anciens. Aujourd’hui encore, je croise régulièrement des gens perdus : l’un fait du stock picking à perte depuis des années, l’autre a confié son épargne à une gestion facturée cher pour loger des fonds eux-mêmes chers. Presque tous feraient mieux — beaucoup mieux — avec un courtier à bas coûts et un ETF indiciel large. Et presque tous me posent, à un dîner ou un autre, les mêmes questions.

Ma réponse tient en une phrase, et c’est la conviction fondatrice de ce site : ce n’est pas si compliqué, l’investissement. C’est très simple, et on peut gagner beaucoup plus avec beaucoup moins de frais. Toute une industrie vit de l’impression inverse.

Ce que ce site essaie d’être

La réponse à ces dîners, écrite une bonne fois : des guides courts et intemporels, adaptés à la fiscalité française, dont chaque chiffre est vérifié sur les sources primaires et mis à jour quand la réglementation change — pas pour nourrir un algorithme. Pas de tracking, pas de classement sponsorisé, pas de rêve à vendre.

Ce journal en est le complément : c’est ici que je parle à la première personne — pourquoi j’ai construit tel calculateur, ce qu’une règle fiscale qui change modifie dans les guides, ce qu’une conversation m’a appris. La cadence sera basse, à dessein : j’écrirai quand quelque chose se sera réellement passé.

Si vous découvrez le site, le meilleur point de départ est Commencer ici. Si vous voulez comprendre d’où vient ma colère utile, lisez L’impact des frais — puis faites tourner vos propres chiffres dans le comparateur d’enveloppes.

Le journal, c'est la voix. Les guides, la référence.

Les billets datent ; les guides, eux, sont maintenus à jour quand la réglementation change.

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